TROIS-SAUTS
Vidéo de Camille Reporteur que nous avons mis en lien avec les jeunes que nous accompagnons
Trois-Sauts est un ensemble de onze villages wayãpi, situés sur la rive du fleuve Oyapock. Concernés par la zone d’accès réglementé (ZAR[1]), leur accès est soumis à une autorisation de la préfecture. Selon le niveau de l’eau, un à deux jours sont nécessaires pour relier Trois-Sauts au bourg de Camopi, plus au sud et distant de plus de 150 km. Ces villages (Zidock, Roger, Bambou, Lipo Lipo, Kalana, Miso, Yawapa, Yawalu, Pina, Kupi, Alamilan) rassemblent 674 habitants[2]., regroupés en une ou plusieurs familles élargies. Les moins de 18 ans y représentent 47,3 % de la population, selon nos estimations[3].
On y trouve une école répartie sur trois sites, un dispensaire et une antenne du parc national. Le réseau téléphonique n’est disponible que dans quatre villages, et seul Zidock, le village principal, bénéficie d’Internet.
Dès 10-11 ans les collégien.ne.s sont scolarisé.e.s à Saint-Georges-de-l’Oyapock, pour la majorité à l’internat de la Cité scolaire[4], quelques-un.e.s dans des familles hébergeantes, d’autres chez des proches. Une fois lycéen.ne.s, ils seront logés dans des familles hébergeantes sur l’île de Cayenne et dans les internats de Cayenne, Montjoly, Kourou, Matiti et Régina.

Quitter le village implique donc de quitter sa famille, de laisser ses habitudes, ses codes culturels et ses repères.
CAMOPI
Située au confluent des fleuves Oyapock et Camopi, la commune de Camopi constitue le principal pôle de services du Haut-Oyapock. Accessible principalement par voie aérienne et fluviale, elle regroupe le bourg de Camopi ainsi que plusieurs villages wayãpi et teko répartis le long des fleuves.
On y trouve notamment des établissements scolaires (jusqu’au collège), un centre de santé, des services administratifs et des commerces de proximité. Pour de nombreux habitants des villages du Haut-Oyapock, Camopi représente un lieu de passage incontournable pour accéder à ces services.
À partir du lycée, la poursuite de la scolarité nécessite généralement un départ vers le littoral guyanais. Les jeunes doivent alors quitter leur famille, leurs repères et leur environnement culturel pour poursuivre leurs études dans les internats ou familles hébergeantes de Saint-Georges, Cayenne, Kourou, Macouria ou Régina.
VILLAGES DU HAUT-LAWA
Cinq villages des communautés Téko et Wayana composent le Haut-Lawa (Antecume-Pata, Pidima Twenke-Taluen, Elahé, Cayodé, Pidima). Situés en ZAR, ils rassemblent environ 950 habitants, soit à peu près 8 % de la population de Maripasoula, la commune dont ils dépendent, accessible uniquement en avion et en pirogue. Afin de poursuivre leurs études au collège, les élèves doivent quitter leur village pour partir étudier à Maripasoula, qui se situe, selon le village de l’élève, à une heure trente ou trois heures de pirogue, où ils seront logés à l’internat public, dans des familles hébergeantes ou chez des proches. Pour ce qui est du lycée, ils sont obligés d’aller jusqu’à Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni ou Mana. La scolarisation des jeunes s’interrompt majoritairement au lycée, le plus souvent sans diplôme (70 % en 2019, Insee[5]).
[1] L’accès au sud de la Guyane est réglementé par arrêté préfectoral depuis 1970. À l’exception des résidents et communautés, les personnes voulant se rendre dans cette zone doivent demander une autorisation préfectorale. Cette réglementation a été mise en place pour des raisons sanitaires, de sécurité et de respect des modes de vie des populations (source Parc amazonien de Guyane).
[2] Ce chiffre ne tient pas compte du village Yawalou.
[3] 43,7 % des habitants de l’ensemble de la commune de Camopi ont moins de 15 ans et plus de 75 % sont sans diplôme en 2019. Source : Insee Dossier complet Commune de Camopi.
[4] Le Home Indien a fermé en 2023.
[5] Avec un taux de chômage de 71,5 % en 2019 (chiffre pour Maripasoula) Source : Insee, Unité urbaine 2020 de Maripasoula, dossier complet.







